Beverley Project

Vous êtes-vous déjà rendu dans un cinéma pornographique ? Si vous n’opinez pas du chef, il y a de fortes chances que cela ne puisse jamais se produire. De son doux nom, le fameux Beverley qui devait déjà fermer ses portes l’année dernière vient de terminer son baroud d’honneur. Pendant des décennies, Maurice en aura pourtant délivré des tickets d’entrée à tarif unique sauf que, révolution numérique oblige, ils sont devenus de moins en moins nombreux les visiteurs, voire quasiment inexistants. L’Internet a fait disparaître le visiteur... le visiteur d’ailleurs, on en parle ? On s’essaie à s’imaginer la trombine du client-type : un homme probablement vieux, le fameux imper’ beige et la mine triste, on tâche de deviner les motifs de sa venue ici : un vieux garçon, une vie sexuelle bien fade, un pervers même. Au final, il semblerait qu’il nous arrive d’être rapidement condescendant à l’égard de ce visiteur. Mais il n’est plus vraiment là le visiteur. Il n’empêche, ce lieu intrigue et bon nombre d’objectifs et de regards curieux ont dû se poser ici et là sur les banquettes rouges ou les affiches aux titres sans équivoque. Parce qu’au fond, c’est marrant. Et oui Maurice s’est toujours marré au final ! Cette série est une visite guidée du Beverley où le propriétaire joue tous les rôles, sans regret.